4h40, Allah nous réveille, et cette fois nous enfume... Cela doit être une nouvelle tactique... C'est curieux, je n'ai pas l'impression de l'avoir entendu hier et avant hier... Les musulmans ont ils plus d'influence ici? Mon short est raide de crasse, mon tee shirt est couvert de tâche de sueur blanchâtre. Deux semaines maintenant sans douche digne de ce nom... Il faut vraiment en vouloir pour se laver et aller aux toilettes sur ce foutu bateau. Je sens la sueur, et j'attends maintenant Ambon avec impatience. Après chaque étape, l'équipage du bateau ferme les différentes sales du navire, et les...
La côte qui défile à 5 kilomètres du bateau est fabuleuse, un désert de forêt, sur des centaines de kilomètres. Un territoire encore vierge, pas de route, pas de champs, pas d'antenne de portable, pas de ligne électrique. Je pense à l'Antarctique... au Sahara à la Mongolie... Les quelques villages isolés qui se trouvent là sont encore vraiment tranquilles... Peu importe s'ils coupent encore des têtes... Cela ne fait du mal qu'à eux mêmes. Je comprends que l'Indonésie ne veuille surtout pas lâcher un tel territoire. Ils ne savent pas ce qu'il y a dessus. Et à notre époque, les ressources naturelles...
Je suis étonné de mettre endormi, dans ces conditions aussi pénibles; le bruit et la fumée. Mon sac est fermé à clef dans une sacoche en plastique, et attaché par une chaînette. Pas question d'avoir de mauvaises surprises! Je suis de nouveau le seul "blanc" du bateau. Beaucoup de gens me parlent, et discutent en anglais. C'est vraiment convivial, et agréable... Et les photos de Caroline, et de mes deux enfants, sont vraiment utiles. À demain
J'ai passé ma dernière nuit en Nouvelle Guinée. À Sentani, j'observe de nombreux camions de police, et de militaires, et curieusement, aucun papou parmi eux, que des indonésiens. Je prends, mais cette fois dans l'autre sens, mes quatre bémos (taxi collectif) jusqu'à Jayapura. Ce qui est pénible, c'est que j'ai deux gros sacs, et que pour s'engouffrer tout à fait au fond du véhicule, il faut se courber en deux. Je pars de suite à l'hôtel Amabel, où je peux manger, tout en ayant le wifi. Il fait très lourd et chaud, mon tee shirt est trempée, et je dois être à ma septième bouteille de jus d'orange...
Un chien m'a réveillé ce matin... À l'hôtel Semeru Anaron, les moustiques ne m'ont pas trop ennuyé: une bonne dose d'air conditionné froid, un duvet, et un spray anti moustique sur les bras et le front. L'hôtel bon marché (18€) se trouve à côté de l'aéroport. Je prends mon petit déjeuner kopi susu, café au lait sucre, puis prépare ce que je vais faire aujourd'hui, alors qu'un papou à côté de moi fait sa prière, il va prendre lui aussi son petit déjeuner... Les papous ici sont moins pauvres qu'à Wamena. À Wamena, la moitié des gens marche nus pieds; plus ici. Je lance au chien qui ma réveille ce...
Je quitte Wamena aujourd'hui. À l'aéroport, mon papou est là il m'indique par un geste sans équivoque, qu'il veut toujours des cigarettes. Je lui réponds de la même façon que cela lui fait mal à la gorge, et que ce n'est pas bon pour lui... Il sourit et dire qu'il se fait 4kms pour venir tous les jours en ville. Il y a un avion cargo garé sur la piste. La plupart des avions cargo utilisés ici sont des avions de voyageurs, dont on a supprimé les sièges. On voit encore les hublots sur le bord de la carlingue, mais ceux ci sont rendus opaques, par un film plastique. La porte de la carlingue à l'avant...
Je ne me réveille toujours pas en forme, et décide de ne pas trop m'éloigner. Le temps n'est pas non plus terrible! Je rencontre de temps en temps dans la rue "mon" papou... Et si je lui retirais son étui pénien? Il se retrouverait au moins à poil pour de bon... Sur la piste de l'aéroport un avion militaire quadrimoteur est arrivé. Je m'approche et m'aperçois qu'il transporte une grosse niveleuse jaune. Quelques militaires sont autour de moi, armés. Ils me regardent bizarrement... L'un d'eux engage la conversation, en anglais approximatif. De quel pays êtes vous? Que faites vous ici? Les questions...
J'ai décidé aujourd'hui d'aller un peu plus loin vers l'aval du Baliem. Je rejoins pour cela le pasar Misi, et la gare routière des taxis collectifs. Un homme à poil est là aussi, dans le même véhicule que moi. Il m'invective, me parle méchamment, fait mine (!!!) de vouloir me frapper, puis change d'humeur la minute suivante. Pas question que je lui offre ma tête... Je reste de marbre... (À propos de l'étui pénien qu'utilise les hommes à poils, le matériau utilisé est une coloquinte vide. Certaines sont droites, d'autres courbes à 90 degrés. J'en ai vu réellement porté de soixante centimètres de...
Je suis réveillé au son de la musique; les murs tremblent. Cette fois, je change d'hôtel... J'avais en tête un hôtel que j'avais remarqué, dont la chambre propre était à 300.000 rupiahs, soit 24€... Je pars me renseigner, et me retrouve devant un hôtel plein. Il ne me reste plus qu'une chose à faire, retourner à l'hôtel Makmur, où j'étais la première nuit, sale, décrépi, mais en principe tranquille.. Je plie mes bagages, dis bien sûr avec beaucoup de plaisir au revoir à mes amateurs de musique boum boum, puis m'en vais, en relevant au passage le prix du litre de gaz oil à la seule station service...
J'ai bien dormi mais bon, pour cela, il faut nécessairement gueuler le soir. Ils verront certainement mon départ, avec un grand soulagement. J'ai un premier souci ce matin, une bretelle de mon sac à dos s'est décousue hier soir... J'ai pu heureusement en récupérer la boucle. Un marchand de sacs me dirige vers un couturier, qui dispose d'une machine à coudre. Je trouve cela un peu étrange, car le fil de la machine est plutôt fin... Le gars essaye malgré tout de coudre ma bretelle. Il y casse deux aiguilles. J'ai repéré des artisans qui réparent les souliers dans la rue. Je pense qu'ils y arriveront...